Le 12/01/2012 à 09:30, par

Nicolas


AVA, la théorie de l’évolution

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En un peu plus d’un an d’existence, le duo Jeremy Barlozzo / Dimitri Leroy, plus connus sous le nom de scène Ava, continue son ascension sereinement.

Au premier abord, ce qui semble être une formation parisienne, aussi intimiste que minimaliste, se révèle être le fruit de la réunion de musiciens dont le passé est aussi riche que leurs compositions folk et chansons françaises. Ava, c’est l’arbre qui cache la forêt et qui garde sous son manteau le genre de conte de Noël qu’on aime bien écouter tous les ans, même si on connait l’histoire.

Et l’histoire se situe dans la capitale. La genèse du groupe vient de la scène rock indé et du parcours de trois noms bien connus du Paris underground.

Tout d’abord I Love My Neighbours, le groupe de lycée de Jeremy, qui oscille entre grunge (sauce Seattle) et pop rock (accompagnement British). Rien à voir avec Ava, et pourtant. Ce qui marque les esprits déjà à l’époque, c’est la voix haut perchée du chanteur, et son côté romantique torturé. C’est une sorte de dandy du XXIe siècle, bien plus proche d’un Dorian Gray avec une guitare que d’un énième clone de Cobain. Et bien au-delà, il y a les hymnes Swedish Babe, Delta Quebec Whisky ou The Fucking Neighbours qui auront tapé dans l’œil de professionnels comme du public. Il en résultera un très bon EP, Sheep&Bells, des rencontres et des concerts partout en France, de la Maroquinerie au Bus Palladium avec notamment le guitariste de I Am Un Chien et la batteuse des Plastiscines au nom imprononçable Anaïs Vandevyvere.

De l’autre côté, Ed-Äke. Un mastodonte de la franche plus hard du rock, impressionnant à voir sur scène, et qui, après deux albums et une dizaine d’années d’existence au compteur devient incontournable en live. Ce qui faisait la force du groupe, sa violence et sa technicité, aurait pu tout gâcher dans Ava. Car on y retrouve en l’occurrence le chanteur Dimitri et surtout son frère, le batteur Nicolas Leroy, qui n’a plus rien à prouver derrière les futs. Au final, bizarrement, ça sonne. La dernière vidéo en date, Chemistry, enregistrée au Sexy Studio (tiens donc…) éloigne tous les doutes possibles. Un toucher subtil et un jeu sobre et légèrement jazzy à la fois. Le piano y est sans doute pour beaucoup mais c’est le travail d’un collectif qui semble avoir trouvé la justesse pour donner autant de puissance à leurs chansons que ce que faisait Ed-Äke sur Shot Down In Pieces ou Cakes & Cherries par exemple.

Enfin, Ava, c’est aussi le travail d’un homme du nom de Léo Grandperret. Présent en tant que guitariste additionnel sur scène comme en studio, ce musicien à la voix caverneuse qui semble sorti d’un band des ’90 à la Soundgarden, a du laissé de côté micro et solos pour et gérer les arrangements. Ce job, il l’occupe déjà en tant que producteur aux Sexy Studio, le fameux studio qui accueillit entre autre Blackfeet Revolution, Puss in Boots… mais aussi les I Love My Neighbours et Ed-äke. Le monde est décidemment très petit. Mais impossible de parler de Léo sans évoquer les Kings Off Cash, une des plus talentueuse formation blues rock de Paris qui commença à croire en sa bonne étoile avant d’exploser brusquement un soir de juillet 2010 sur la scène du Réservoir à Bastille. Du rock tout ce qu’il y a de plus basique mais sublimé par un chanteur au charisme évident, et un EP, In Gold We Trust, qui sentait le coup parfait mais qui ne vit pas le jour malgré les quelques excellents titres encore présents sur leur myspace.

Voilà de quoi est fait Ava. Si beaucoup de formations rock naissent ainsi, de la réunion de musiciens d’univers différents, la mayonnaise ne prend pas toujours et souvent, ce qui était prévu pour être un « super groupe » devient un fiasco. Hors la naissance d’Ava n’a rien de prémédité. Elle prend ses racines de la proximité entre Jeremy et Dimitri, qui au détour d’une scène ou d’une séance en studio, ont cette idée de créer et mettre à contribution leur talent pour faire quelque chose de bien. S’en suit la BO du film de Gerald Hustache-Mathieu (avec Jean Paul Rouve), Poupoupidou, sorti en janvier 2011, et qui met au grand jour leur reprise de Marilyn Monroe I Wanna Be Loved By You. D’autres titres également, comme Chemistry, un vrai régal, ou Be My Guide. Changement de dimension enfin, puisqu’on les retrouve sur le plateau de Taratata fin 2011 pour l’interprétation d’un unique morceau live, celui de Nos Erreurs.

Ava est sur le point d’enregistrer un album. Au vue des titres présents sur leur page internet, on est en droit d’être impatient, et c’est tout naturellement qu’ils seront les prochains invités de l’émission Chris&Vince le 16 janvier prochain à 20h. Le rendez vous est fixé, ce serait dommage de passer à côté !

 
 

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