Rencontre avec Bertrand et Guillaume : fondateurs du groupe Yules

A l’occasion de la sortie de leur excellent deuxième album « Strike a Balance », une rencontre dans un bar de Bastille est organisée avec les deux frangins les plus soignés du moment, Bertrand et Guillaume, fondateurs du groupe Yules et musiciens talentueux qui n’ont pas fini de séduire nos oreilles avec leur folk so exotique.

Yules, vous êtes passés par le trip-hop et l’électro avant de devenir véritablement un groupe de folk. Pourquoi ce choix ?

Bertrand : C’est une évolution assez naturelle. Au départ on avait besoin de se cacher derrière des textures, derrière des machines. Et à force d’avancer on a prit confiance en nous et on a su épurer les morceaux et revenir à la base, à l’essentiel.

Vous avez définitivement tourné la page de l’électro ?

Guillaume : La touche électronique c’est pas forcément quelque chose d’anti-naturelle, mais la manière dont on l’utilisait nous, n’était pas très naturelle.
On avait une boîte à rythmes, des séquences… des choses très métronomiques. Et finalement on était toujours dans le même tempo, c’est pour ça que les groupes qui utilisent cette configuration n’arrivent pas à nous convaincre. Mais on n’est pas pour autant fermé à l’idée de mettre des touches de synthé.
On ne va pas se bâillonner et si le morceau va dans une direction qui nécessite par exemple, des relents des années ’80, bah on le fera. Le synthé ça peut être très humain si c’est quelqu’un qui le joue !

En jetant un coup d’œil à votre bio, on peut se rendre compte que vous avez passé pas mal de temps sur Leonard Cohen, Simon&Garfunkel ou encore Bob Dylan. C’est une musique qui symbolise quoi pour vous, la joie de vivre, l’espoir ?

Bertrand : Y’a eu des mouvements d’espoir, les mouvements contestataires étaient plein d’espérance. J’espère croire que tout cela n’appartient pas qu’à une seule époque.

Guillaume : La vision des années ‘60 est toujours un peu idéalisée et nostalgique. Nous la vision qu’on a, c’est celle que nos parents nous ont léguée ou par le témoignage de quelques films. Quand on pense à la guerre d’Algérie, on voit que tout n’était pas positif non plus.

Qu’est ce que ça change d’être frère quand on fait de la musique ?

Bertrand : La complicité qui est là, entre nous deux, depuis toujours. Un regard suffit pour savoir ce que l’autre pense… on a gagné du temps, alors que si on s’était rencontré y’a quelques années on aurait peut être pas été là où on est maintenant.

Guillaume : C’est une facilité mais en même temps faut être sûr de ce que son regard envoie. Bertrand est plutôt quelqu’un de silencieux, il a tendance à croire qu’un seul regard suffit mais parfois, c’est bien de mettre des mots sur les choses. rire Voilà, c’est un appel que je lance !

Et le fait d’être frère, ça ne serait pas, paradoxalement une barrière, un frein pour diversifier votre musique ? Sachant que vous avez grandi ensemble et que vous avez passé votre enfance à écouter les mêmes artistes.

Guillaume : Notre discographie, même si elle se ressemble, diverge sur certains artistes. Et elle est assez grande pour justifier un renouvellement d’un disque sur l’autre. Entre le premier disque et le deuxième, il y a une vraie différence, et il y a encore beaucoup de choses qu’on a envie d’explorer.
Ensuite, on a également envie d’un partenariat, on a envie de bosser et de se confronter à une oreille extérieure.
On a envie de s’enrichir d’un producteur au sens américain du terme, qui interviendrait beaucoup sur l’enregistrement du disque, sur la direction des morceaux. Voilà, une sorte de directeur artistique qui n’aurait pas la final cut mais qui va conseiller et argumenter… et qui nous remettrait en question.

Qu’essayez vous de transmettre à travers vos chansons ?

Guillaume : Transmettre, j’en sais rien. On a envie de parler de choses qui nous touchent, les doutes, les interrogations, les zones d’ombre de la vie qui font qu’on ne sait plus trop vers quoi on avance. On parle d’amour, on parle d’anorexie, de rédemption… et d’apprendre à savourer le temps qu’on a sur Terre.

Savourer le temps et savourer l’album puisque "Strike a balance" n’est pas l’archétype de l’album qu’on aime dès la première écoute, mais d’un album qui s’apprécie avec le temps. C’est ça la clef d’un bon album ?

Bertrand : Si y’avait une recette on n’en ferait que des bons ! Pour moi un bon album c’est un album qu’on prend plaisir à écouter à plein de périodes de sa vie et auquel on peut se raccrocher quand on sait pas quoi mettre. Que ça devienne presque un réflexe… qu’on se dise « tiens avec ça je vais me faire plaisir ». C’est ça un bon album !


Yules prépare la sortie d’un clip en 3D dans les semaines à venir et des dates aux quatre coins de la France pour 2011.

Toutes les infos sur http://www.yuleslesite.com

 
 

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