Alexandre des Isnards et Thomas Zuber ont l'art de décrypter les changements de notre société d'une manière subtile : ils nous font rire et réfléchir en même temps. Leur coup d'essai, L'Open Space m'a Tuer (Hachette Editions) a démontré leur talent en 2008. 3 ans plus tard, les deux auteurs "s'attaquent" à Facebook.
Même si vous n'avez pas de profil sur le réseau social ("mais qu'attendez-vous", dirons sans doute vos amis), vous ne pouvez pas échapper à la déferlante Facebook. Le site de Mark Zuckerberg est partout : sur votre ordi, votre téléphone, dans les pubs... et dans vos conversations.
Oubliés MSN et Myspace, Facebook est LE carrefour de communication par excellence. On peut tout faire avec : discuter, s'informer, s'aimer, s'engueuler, rire, pleurer, jouer, trouver/perdre un travail, écouter de la musique, regarder des vidéos... On peut tout faire, sauf le repassage.
Dans Facebook m'a tuer (Nil Editions, 18€), Alexandre des Isnards et Thomas Zuber font l'analyse du phénomène au travers d'histoires vraies, de petites scènes de vie qui nous paraissent banales aujourd'hui mais qui auraient semblé totalement superflues il y a, disons, 4 ans.
Si Facebook a des bons côtés, ce que ne nient pas les auteurs, le réseau social a aussi des inconvénients, ou disons des dommages collatéraux parfaitement pointés dans ce livre : les "Faut qu'on se voie" et "faut que je l'appelle" qui restent vagues promesses, les bébés présentés au monde entier sur Facebook avant même le traditionnel coup de fil à la Grand Mère, les téléphones posés sur la table qui empêchent toute conversation censée de plus de 2 minutes 30, les plans cul et... le calendrier des anniversaires. Oui, décidément, Facebook fait partie de notre vie au point de penser pour nous.
S'il ne suffit pas à convaincre de supprimer son profil, Facebook m'a tuer incite en tous cas à réfléchir sur nos usages de Facebook : est-ce vraiment indispensable au point de tout confier aux serveurs de Zuckerberg ? Ici, la question n'est pas de savoir si ce qu'il fait de ces données est bien ou mal (bon, un peu quand même...) mais bien de déterminer si l'on ne peut pas essayer de faire quelques efforts pour aller plus souvent au bar du coin, draguer de vive voix et tirer ses photos de vacances sur papier.
Je vais vous dire les choses comme je les pense : je sors de 3 semaines de cure de Facebook (presque forcée), ça fait un bien fou. De ne pas y aller, et d'y retourner.



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